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Diaspora haitienne: vaches à lait du gouvernement haïtien.

Autrefois, avoir un fils ou un membre de famille à l’étranger était une garantie de sécurité sociale pour la plupart des haitiens du reste du pays (surtout de la campagne) qui, en cas de besoin, pouvaient compter sur ce dernier pour résoudre certains problèmes urgents d’ordre matériel et/ou financier.

Une lettre, un message vocal, un coup de fil suffisaient pour annoncer l’état de nécessité. Depuis quelques décennies, à cause de la crise sociopolitique qui perdure au pays, c’est tout le monde, pauvres et riches, qui se bat pour envoyer un fils ou une fille à l’étranger pour les études ou même sans objectif ni programme établis, pourvu qu’il quitte le pays, la finalité étant le bien être de l’intéressé et de toute la famille. Très peu nombreux sont cependant ceux qui s’interrogent sur le type d’emploi et surtout le mode de vie de ces immigrés qui, dans leurs milieux de résidence, doivent faire face au paiement des impôts, taxes et loyers exorbitants, sans compter l’instruction de leurs propres enfants.

Grâce au téléphone mobile et aux réseaux sociaux désormais à la portée du grand nombre, presque tout haitien de la diaspora a déjà été surpris dans son sommeil pour s’entendre dire que son intervention financière est urgemment attendue pour :

– sauver la vie de tel parent (père, mère, frère, sœur, beau-frère, belle-sœur, beau-père, belle-mère) hospitalisé ;

– l’enterrement de tel autre décédé;

– l’acquittement des frais de scolarité de tel enfant ou étudiant menacé d’exclusion;

– la garantie locative d’un frère ou d’une sœur déguerpis ou enfin

-pour la sortie de maternité de telle sœur ou telle belle-sœur; etc.

Comme si c’était pas suffisant le gouvernement haitien vient de décider En plus d’1.50$ perçu depuis 2011, sur chaque transfert d’argent effectué vers Haïti par la diaspora et des prélèvements sur les appels entrants, l’Etat haïtien avec ce budget fiscal 2017-2018 va exiger annuellement une somme de Gdes 10,000 minimum de chaque haïtien vivant à l’étranger pour renouveler un passeport ou un permis de conduire ou pour légaliser des pièces…

En parcourant la proposition de lois du Budget 2017-2018 déposé au parlement à la fin du mois de juin. Un des points inédit ayant retenu l’attention vient du point concernant la Modification de l’Impôt sur le Revenu. Il traite de la question des personnes dont le domicile fiscal est situé hors d’Haïti. Ceci laisse sous-entendre immédiatement les haïtiens de partout dans le monde.

Ces derniers doivent prouver, selon la nouvelle loi de finance à venir, qu’ils sont en règle avec l’administration fiscale de leur pays de résidence et payeront un impôt minimum forfaitaire de 10,000 Gdes.

Cette exigence faite, si l’on en sait que rares sont les haïtiens qui sont munis d’un certificat de déclaration définitive d’impôts, on en déduit que l’article en question est taillé sur mesure pour la diaspora, la véritable vache-à-lait qui va grossir cette assiette fiscale.

En effet, toutes nouvelles demandes de services, à partir de la prochaine année fiscale sont désormais assujetties à la présentation d’un certificat de déclaration définitive d’impôts que même l’actuel PM Lafontant ne détenait pas pendant environ 5 années ou tout au moins jusqu’au jour où il était choisi pour occuper la fonction de chef de la Primature.

Pour l’obtention de Timbre et livraison de passeport ; Plaques d’Immatriculation de véhicules ; Permis de séjour ; Permis de conduire ; Enregistrement des titres de propriétés et de sûretés mobilières ; Demande de franchise et de subvention; Passation de contrats entre l’État et prestataires de services ; Assurances Véhicules Contre Tiers ; Légalisation de pièces; Patente, Impôt locatif ; Fermage et loyer des biens du domaine privé de l’État, aucun de ces services précités ne peuvent être obtenus sans faire valoir sa feuille de déclaration d’impôt annuel.

Autrement dit, les haïtiens qui élisent domicile à l’étranger où l’état organisé fournit tous les services de base à chaque citoyen, en soumettant une preuve qu’ils sont en règle avec l’administration fiscale de leur pays de résidence et payeront un impôt minimum forfaitaire de 10,000 Gdes. Les parlementaires doivent plancher sur ce point avant de parvenir à la ratification du projet de loi des finances.

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