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Pour Barack Obama, le jeune Haïtien Valéry Moïse est un modèle

Quelle tête qu’on fait quand votre nom est mentionné dans la catégorie des « amazing people » (gens étonnants) dans le dernier discours du président le plus puissant de la planète? Un moment presqu’improbable, fort en émotions pour Valéry Moïse, incroyablement surpris : « Je dois avouer que dans un premier temps, je ne croyais pas mes oreilles. Je me suis demandé est-ce qu’il est réellement en train de parler de moi, de mon projet. Je ne savais pas si je devais rester assis ou me mettre debout pour être vu par l’assistance. »
C’était le 19 novembre dernier, à l’Université Pontificale Catholique du Pérou, en marge de l’APEC – Coopération économique Asie-Pacifique – et dans le cadre de ses dernières visites officielles à l’étranger ; le président Obama s’est adressé aux membres du réseau YLAI (Initiative des Jeunes Leaders des Amériques) sur le leadership et l’innovation. Dans son discours de plus de soixante minutes, il a aussi parlé d’une jeune fille, Abbigale Loncke de Guyana qui a lancé Community Health Care, une agence de soins à domicile. Mais qu’il ait choisi de citer en premier Valéry, originaire d’Haïti, ce pays enfermé dans le cliché de « plus pauvre du continent américain », est sans doute symbolique et distinctif.  

 « Une lourde responsabilité »
Et le témoignage d’Obama à son sujet fait autorité mais n’a rien de flatteur.
« En tant que jeune médecin en Haïti, Valéry a vu de près comment des problèmes comme la malnutrition aiguë – la faim – affectaient les enfants les plus pauvres de son pays. Ainsi, lui et une équipe de travailleurs sociaux et de médecins ont mis sur pied une organisation appelée Diagnostik Group, qui se concentre sur l’amélioration des soins de santé pour les enfants abandonnés dans le plus grand hôpital pédiatrique en Haïti. Son objectif est que le groupe devienne la norme pour les soins pédiatriques et se développe afin qu’il puisse toucher encore plus d’enfants à travers Haïti »,
« Je me réjouis qu’on puisse citer Haïti en référence pour une chose positive », souffle l’intéressé qui par contre regrette qu’ « à chaque fois Haïti attend que ses modèles soient d’abord présentés ou reconnus par l’étranger avant d’être acceptés dans le pays. »
Pour Valéry Moïse alors, cette reconnaissance, loin d’être une consécration, est avant tout « une lourde responsabilité.» « Je sais que c’est un crédit qu’il m’a accordé et qu’il attend de moi que je travaille à mériter ce crédit. » En se réclamant préférablement « une inspiration » au lieu du titre de « modèle », il sait rester modeste sans prendre la grosse tête. « Parce qu’un modèle présuppose que tu vas devoir reproduire tout ce que cette personne a déjà fait, explique-t-il. Pour moi le modèle établit un rapport de hiérarchisation, de comparaison qui n’est pas toujours sain. Je me verrais citer comme un exemple. Mais c’est à chaque personne de découvrir sa mission, de travailler à être la meilleure version d’elle-même. »
Transfert de connaissances
Mais quel chemin a-t-il parcouru pour que son nom soit arrivé sur la bouche d’Obama ? Diplômé en médecine à la Faculté de médecine de l’Université d’Etat d’Haïti, Valéry Moïse est un grand habitué des évènements d’envergure internationale: Ambassadeur de la Francophonie des Amériques, il a participé au Forum Mondial de la Langue Française, représentant de jeunesse au sein d’un groupe de travail sur les droits de l’enfant dans l’espace francophone. Il a cofondé le Groupe Diagnostik, un organisme de santé à but non lucratif visant à assurer un bon départ pour les enfants.
C’est au nom de cette organisation qu’il a été sélectionné, avec sept autres jeunes haïtiens, pour prendre part à l’YLAI, un programme de formation, de visites institutionnelles et de réseautage qui réunit près de 250 jeunes leaders, entrepreneurs et acteurs sociaux à travers l’Amérique Latine et la Caraïbe. De ces six semaines d’intenses activités, Valéry dit qu’il est sorti enrichi et inspiré : « J’ai découvert des instituons qui m’ont vraiment marquées. C’est comme quelqu’un qui avait un rêve fou et qui, un jour, rencontre quelqu’un d’autre qui a déjà réalisé ce rêve avant lui. Il devient plus facile pour lui de le réaliser à son tour. »
Pour lui alors, le ministère ne fait que commencer. De retour au pays, Valéry veut poursuivre le « travail étonnant ». Dorénavant, tout le focus va être mis sur Diagnostic qu’il veut pousser sur la voie de l’institutionnalisation et mettre au point des partenariats avec d’autres institutions internationales. Autre point auquel il tient : le transfert de connaissances. « Il est important pour moi de restituer aux jeunes du pays ce que j’ai appris en terme de formations et une part de mes expériences », confie-t-il.
Au-delà des propos forts de Barack Obama, ici, on reconnait Valéry Moïse pour son intelligence étendue, sa force de caractère et sa passion pour la vie. Dans le grand désarroi qui s’empare des jeunes haïtiens ces derniers jours, il s’entête à voir un changement en Haïti: « Je ne prétends pas pouvoir moi-même changer Haïti, mais je sais que je peux faire toute une différence dans mon environnement, et cette différence, si elle est contagieuse, de communauté en communauté, l’image globale pourra changer. »

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