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Production et transformation de LAIT en Haïti: Bilan 2011-2015

Le MARNDR et ses partenaires déployent des efforts d’investissements pour exploiter le potentiel de production de lait du pays qui dispose d’un cheptel de plus d’un million de bovins. Les programmes de formation et d’encadrement technique permettent d’améliorer peu à peu les pratiques de l’élevage et d’assurer l’extension d’un réseau de mini-laiteries. Ces unités de fabrication de produits laitiers de longue conservation sont passées de 20 à 35 entre 2011 et 2015.

Enjeux

• Chaque année, Haïti importe environ 100 000 tonnes métriques de produits laitiers pour près de 90 millions de dollars américains (chiffre pour l’année 2103-2014), faisant du lait l’un des cinq produits d’importation les plus importants du pays.

Yogourt aromatisé.
Yogourt aromatisé.

• Pourtant, avec un cheptel de plus d’un million de bovins dont environ 45 % de vaches adultes, il existe un potentiel de production de lait estimé à 145 000 tonnes métriques par an, alors que la production est estimée à un quantité allant entre 30 000 à 40 000 TM. Malgré la précarité de la production familiale, la production laitière nationale est pourtant aujourd’hui largement compétitive en termes de prix.

• Cependant, le lait produit par les petits producteurs ruraux est peu valorisé en raison du manque d’infrastructures de transformation, limitant l’accès à l’immense marché national existant.

• Dans les zones où il existe une laiterie pour la transformation du lait, il a été démontré que les petits producteurs possédant 2 ou 3 vaches tirent un revenu significatif de la vente de lait, contribuant au bien-être familial.

• Dans son Programme national de développement de la production et transformation du lait, adopté en 2009, le MARNDR a décidé de concentrer ses efforts sur l’extension du réseau existant de mini-laiteries qui fabriquent des produits laitiers de longue conservation, constituant un créneau sûr pour l’écoulement du lait des producteurs.

LISTE DES LAITERIES DU RESEAU LET AGOGO
LISTE DES LAITERIES DU RESEAU LET AGOGO

Objectifs d’intervention

L’objectif global de l’intervention est d’améliorer l’économie familiale des petits producteurs de lait dans le pays, en favorisant l’accroissement de leurs revenus tout en diminuant les importations du lait.

Les objectifs spécifiques sont:

o Reconquérir progressivement le marché intérieur des produits laitiers.

o Renforcer un réseau d’entreprises de transformation du lait par la mise en place d’une laiterie au niveau de chaque commune du pays, offrant ainsi un débouché nouveau, stable et rémunérateur aux paysans producteurs de lait

o Augmenter la productivité et la production laitière.

o Favoriser la consommation des produits laitiers par les écoliers haïtiens et la population en général

Dans les zones où il existe une laiterie pour la transformation du lait, il a été démontré que les petits producteurs possédant 2 ou 3 vaches tirent un revenu significatif de la vente de lait, contribuant au bien-être familial.
Dans les zones où il existe une laiterie pour la transformation du lait, il a été démontré que les petits producteurs possédant 2 ou 3 vaches tirent un revenu significatif de la vente de lait, contribuant au bien-être familial.

• Résultats attendus pour la période 2012 à 2017

o La production laitière atteint 122 300 TM grâce à une augmentation de 3 % l’an en moyenne.

o La capacité de transformation de lait du pays atteint 14 000 TM/an.

o La richesse globale passe de 82,9 millions de dollars américains à 96,2 millions de dollars américains.

Actions réalisées et résultats obtenus au 31 décembre 2014

Augmentation de la productivité et la production laitière;

• En Haïti les paramètres de production moyens observés sont les suivants :
– L’âge au premier vêlage est de 36 mois;
– l’âge à la première saillie fécondante est de 27 mois ;
– l’intervalle entre vêlage est de 18 mois et ;
– l’intervalle entre vêlage-conception est de 9 mois ;
– Le nombre moyen de portée/an est de 0.6 à 0.7 ;
– Les productions moyennes par vache/jour sont estimées à 3 litres pour une durée de lactation de cinq (5) à six (6) mois ou 180 jours ;.

• Pour améliorer ces paramètre, à travers plusieurs projets, des activités de formation, d’encadrement technique et de recherche, ont été réalisés pour améliorer les pratiques de l’élevage, avec des éleveurs sélectionnés dans des régions du pays ayant des conditions agro-écologiques représentatives de l’ensemble du pays (Forêt des Pins : montagne humide, Verretes : plaine irriguées, Limonade : plaine sèches).

• Ainsi 150 unités modèles d’exploitation familiale améliorée ont été initiées avec des associations de producteurs de lait où des innovations ont été introduites quant à l’alimentation, l’abreuvement, les soins sanitaires et l’amélioration génétique :

– parcelles fourragères démonstratives/ banque de semences ;
– blocs à lecher
– stations de monte bovine (aires de croisement, introduction de géniteurs améliorés) ;
– parcs de nuit ;
– Formation et recyclage d’une centaine d’agents vétérinaires communautaires
– pharmacies vétérinaires desservant les agents vétérinaires locaux.

• Plusieurs de ces interventions techniques se sont étendues à une vingtaine d’associations de producteurs de lait d’autres régions du pays.

• Des observations sont en cours pour évaluer l’impact de ces interventions techniques sur les paramètres de production.

Promotion de la transformation du lait et amélioration de l’accès aux marchés ;

• Entre 2011 et 2015, le réseau des mini-laiteries s’est agrandi. De 20 unités, le réseau est passé à 35 unités (5 unités encore en construction). L’objectif de 150 unités pour 2017 est encore loin d’être atteint.

• Les trente unités sont biens réparties à travers les 10 départements de la République, démontrant ainsi l’universalité du concept, dans tous les types de conditions agro-écologiques et socio-économiques du pays.

• Plusieurs unités de transformation ont été renforcées pour qu’elles puissent augmenter leur capacité de production et la diversité des produits fabriqués ;

• Le MARNDR a aussi fait le choix de construire 2 unités de transformation démonstratives pour l’enseignement et la recherche, l’une avec l’Université d’État d’Haïti (Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire) et l’autre avec l’Université Notre Dame d’Haïti (Faculté d’agronomie de Torbeck)
• Ainsi la capacité installée de transformation du lait au pays est passée de 700 000 litres/an à 3 000 000 litres/an (environ 3 000 TM). La quantité de lait réellement transformée par le réseau des mini-laiteries a été en 2014 d’environ 1 million de litres.

• Aujourd’hui, le réseau de mini-laiteries permet à près de 2000 paysans de générer environ 20 000 gourdes supplémentaires de revenus par an par vache, et ce à partir de leur production de lait.

• Le réseau des laiteries a permis la distribution de lait pendant 3 ans à 30 000 enfants dans les écoles dans le cadre du programme d’alimentation scolaire.

• Moyens utilisés

De nombreux partenaires sont mobilisés en soutien ou en appui au développement de la filière laitière, filière stratégique pour l’Etat haïtien:

o Agences internationales : USAID, Union européenne,
la Coopération brésilienne et la Coopération cubaine, FAO
o Organisations non gouvernementales nationales : Veterimed, Koral
o Organisations internationales : AVSF
o Organisations paysannes locales et régionales : Intervet
o Fédération : Fenapwola
o L’Etat haïtien : MARNDR,
le Fonds de reconstruction d’Haïti

• Perspectives

Avec la collaboration de tous les partenaires, il faudra encore plusieurs années de travail pour améliorer de façon significative les paramètres de production de lait.
Pour cela, il faudra :

• Poursuivre et renforcer la mise en place des unités modèles de production laitière familiale dans les différentes zones agro-écologique du pays, (avec parcelles fourragères, point d’eau, station de monte, etc.) et privilégier la synergie entre les productions animale et végétale, pour une production mixte de viande et de lait.

• Poursuivre et renforcer les observations d’évaluation du potentiel génétique du cheptel national, initier des opérations de sélection d’animaux, poursuivre l’introduction de races améliorées, sans perdre les ressources zoogénétiques locales (rusticité).
Poursuivre et renforcer la formation massive des éleveurs, des techniciens et des cadres.

Pour ce qui est de la promotion de la transformation du lait et amélioration de l’accès aux marchés :

• De nouvelles laiteries ouvriront leurs portes dans les prochains mois ; quatre (4) nouvelles laiteries dont deux sont prêtes à la production et deux sont en chantier (Maïssade et Ile de la Tortue).

Le réseau des laiteries a permis la distribution de lait pendant 3 ans à 30 000 enfants dans les écoles dans le cadre du programme d’alimentation scolaire.
Le réseau des laiteries a permis la distribution de lait pendant 3 ans à 30 000 enfants dans les écoles dans le cadre du programme d’alimentation scolaire.

• Certaines unités qui sont en difficultés recevront un appui pour renforcer leurs capacités de fabrication de nouveaux types de produits laitiers, leur système de gestion et leur logistique de commercialisation.

• Des investisseurs privés s’intéressent de de plus en plus à cette filière.

Par : Dr Michel Chansy

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